lundi 21 mars 2022

la tête coupée du géant

 

peur & angoisse

 qui craint de souffrir, souffre déjà de ce qu'il craint.

Montaigne


dimanche 20 mars 2022

temps

 Art, philosophie, religion ont été transformés en spectacles culturels et ont fini par perdre toute efficacité historique..   Quelles que soient les raisons qui nous ont amenés à cet état de choses, nous savons que nous ne pouvons plus parler aujourd'hui au nom de Dieu. Et pas davantage au nom de la vérité, parce que la vérité n'est pas un nom mais un discours. Et c'est cette absence de nom qui fait qu'il est bien difficile à qui aurait quelque chose à dire de prendre la parole: Ceux qui parlent sont les fourbes et les imbéciles, ils le font au nom du marché, de la crise, de pseudosciences, de sigles, de partis et de ministères, et la plupart du temps sans avoir rien à dire. Qui finirait par avoir le courage de parler, sait qu'il parlerait - ou éventuellement qu'il se tairait - au nom d'un nom qui manque.

in Le feu et le récit, G. Agamben, 2015.


“J’ai rêvé parfois d’élaborer un système de connaissance humaine basé sur l’érotique, une théorie du contact, où le mystère et la dignité d’autrui consisteraient précisément à offrir au Moi ce point d’appui d’un autre monde.”

Marguerite Yourcenar




vendredi 18 mars 2022

jeudi 17 mars 2022

illusions

 De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu'il n'existe qu'une réalité.

Paul Watzlawick

“In a totally sane society, madness is the only freedom.”

J.G. Ballard



Chaque chose est ici vraie en partie, fausse en partie. La vérité essentielle n'est pas ainsi: elle est toute pure et toute vraie.

Blaise Pascal


mercredi 16 mars 2022

aujourd'hier 2

 " Écrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. Et, pour cela, trouver son point de sous-développement, son propre patois, son tiers-monde à soi, son désert à soi. 

Gilles Deleuze. "Kafka, pour une littérature mineure"

Il n'y a pas de vérité qu'on puisse dire toute.

Jacques Lacan



Je crois que l’homme aujourd’hui réalise qu’il est un accident, que son existence est futile et qu’il a à jouer un jeu insensé. 

Francis Bacon




dimanche 13 mars 2022

Curiosité

 Curiosité vient de cura, qui veut dire la cure, comme dans cure ou curatif. Donc le curieux est celui, ou celle, qui prend soin.

samedi 12 mars 2022

aujourd'hier

in Atem n°1, décembre 1975, trad. minable AL

Marseille, le 12 mars 2015, Agamben everywhere
Marseille,177 rue St Pierre, Mars 2015 
petits tes tas des lieux




 

jeudi 10 mars 2022

la vérité ? 

qu'est-ce que c'est..

pier paolo pasolini

« Dans chaque image, on sent le trouble que Pasolini porte à l’écran en heurtant la conscience du spectateur. Ce qui scandalise, ce n’est pas l’obscénité, totalement absente. Ce qui fait scandale, c’est plutôt la sincérité.  Jean Renoir

Hannah Arendt



mercredi 9 mars 2022

matine

 Les non-dupes errent et Les Noms du Père consonent si bien, consonent d’autant mieux que contrairement à un penchant qu’ont les personnes qui se croient lettrées à faire des liaisons même quand il s’agit d’un « s », on ne dit pas « les non-dupes z’errent », on ne dit pas non plus « les cerises z’ont bon goût », on dit : « les cerises ont bon goût » et « les non-dupes errent ». Ça consonne.

Jacques Lacan




mots du n'être pas














 

Véronique E

7 septembre 1957 - 15 septembre 2021
photos : Philippe Enrico, Le Brusc, 1974.



 

propagande



 

mardi 1 mars 2022

mercredi 23 février 2022

vendredi 18 février 2022

mercredi 12 janvier 2022

vendredi 7 janvier 2022

Méduse & Persée jour et nuit






















défense en miroir

regard ailleurs




LAURIE ANDERSON "O Superman"

just start talking

mercredi 29 décembre 2021

A Plague Of Lighthouse Keepers (New Stereo Mix 2021)

i. Eyewitness
Still waiting for my saviour,
storms tear me limb from limb;
my fingers feel like seaweed...
I'm so far out I'm too far in.
I am a lonely man...my solitude is true
my eyes have borne stark witness
and now my knights are numbered too.
I've 
seen the smiles on dead hands--
the stars shine, but they're not for me.
I prophesy disaster and then I count the cost....
I shine but, shining, dying,
I know that I am almost lost.
On the table lies blank paper/my tower is built on stone/
I only have blunt scissors/I only have the bluntest home....
I've been the witness, and the seal of death
lingers in the molten wax that is my head.
When you see the skeletons of sailing-ship spars sinking low
You'll begin to wonder if the points of all the ancient myths
are solemnly directed straight at
you...
ii. Pictures/Lighthouse
(Eddies/rocks/ships/collision/remorse.)
iii. Eyewitness
No time now for contrition:
the time for that's long past.
The walls are thin as tissue
and if I talk I'll crack the glass.
So I only think on how it might have been,
locked in silent monologue, in silent scream
Anyway, I'm much too tired to speak
and, as the waves crash on the bleak
stones of the tower, I start to freak....
...and find that I am overcome...
iv. S.H.M.
'Unreal, unreal!' ghost helmsmen scream
and fall in through the sky,
not breaking through my seagull shrieks...
no breaks until I die:
the spectres scratch on window-slits--
hollowed faces, mindless grins
only intent on destroying what they've lost.
I craw the wall till steepness ends in the vertical fall;
my pail has sailed into the sea: no joking hopes at dawn.
White bone shine in the iron-jaw mask
lost mastheads pierce the freezing dark
and parallel my isolated tower....
no paraffin for the 
flame
no harbour left to gain
v. The Presence of the Night/Kosmos Tours
'Alone, alone, ' the ghosts all call,
pinpoint me in the light.
The only life I feel at all
is the presence of the night.
Would you cry if I died?
Would you cry if I died?
Would you catch the final words of mine?
Would you catch my words?
I know that there's no time
I know that there's no rhyme...
false signs find me
I don't want to hate,
I just want to grow;
why can't I let me
live and be free?..but I die very slowly alone.
I know no more ways,
I am so afraid,
myself won't let me
just be myself and so I am completely alone....
The maelstrom of my memory
is a vampire and it feeds on me
now, staggering madly, over the brink I
fall.
vi. (Custard's) Last Stand
Lighthouses might house the key
but can I reach the door?
I want to walk on the sea
so that I may better find ashore...
but how can I ever keep my feet dry?
I scan the horizon
I must keep my eyes on all parts of me.
Looking back on the years
it seems that I have lost 
the way:
Like a dog in the night, I have run to a manger
...now I am the stranger I stay in.
All of the grief I have seen
leaves me chasing solitary peace;
but I hold experience in my head....
I'm too close to the light
I don't think I see right, for I blind me....
vii. The Clot Thickens
WHERE is the God that guides my hand?
HOW can the hands of others reach me?
WHEN will I find what I grope for?
WHO is going to teach me?
I am me/me are we/we can't see
any way out of here.
Crashing sea/atrophied history:
Chance has lost my Guinevere....
I don't want to be one wave in the water
But sea will drag me deep
One more haggard DROWNED MAN...
I can see the Lemmings coming, but I know I'm just a man;
Do I join or do I founder? Which can is the best I may?
viii. Land's End (Sineline)/We Go Now
Oceans drifting sideways, I am pulled into the spell;
I feel you around me...I know you well.
Stars slice horizons where the lines stand much too stark;
I feel I am drowning...hands stretch in the dark.
Camps of panoply and majesty, what is Freedom of Choice?
Where do I stand in the pageantry...whose is my voice?
It doesn't feel so very bad now: I think the end is the start.
Begin to feel very glad now:
ALL THINGS ARE A PART
ALL THINGS ARE APART
ALL THINGS ARE A PART.

dimanche 12 décembre 2021

12 décembre

être est impossible. simplement être. impossible.
ça passe et ça s'efface.
ça se passe intangiblement.
c’est le temps qui manque de tout.
le langage est une barrière, juste bon à rédiger des contrats d’engagement. qui n’engagent d’ailleurs à rien, sinon au pire.
Le langage fait beaucoup de bruit pour rien, c’est cela.
à l’écoute des langues qui déconstruisent les contrats,
on se déploie dans l’imaginaire (je dis « on » parce que sinon je dis « cela » qui ne m’écoute pas, qui n’est pas moi).
l’adieu au langage, l’impossible à ne pas entendre, autre chose, de la langue (toujours) autre qui montre que l’imagination ne se paie pas de mots. elle les prend comme ils passent. comme le temps, qui n’attend rien lui non plus.
n’en finir avec rien, ni personne.
reconduire même l’inconduite.
Du plus au moins, il n’y a qu’un instant. pas même.
en tout rien qu’un instant. peut-être pas en rien.
Tout est immonde, rien n’est au monde.
on accède au vrai par la grande porte du faux.
on en sort croyant échapper au pire, pas plus.
est-ce que ça marche ?
le langage a des limites que la pensée n'a pas.
il fuit de toutes parts.
chaque mot est un naufrage, une épave seule.
tu peux toujours creuser pour en sortir, par le fond. pour te rassurer.
on le sait que tout est sans fond, autant que rien n'est sûr.
loin s’en faut. rien à faire.
parler, c’est prier. plus encore, ne pas parler, c’est prier.
s’en remettre au langage. et ne jamais s’en remettre.
voix de sable, qui s’écoule et fait ainsi le temps, qui crisse sous la dent, dérange la langue, épuise l’écoute.
on le mâche et le rabâche. qu’il sorte ou pas, il nourrit et affame.
on s’en amuse et il joue de nous.
le territoire du dit se recouvre lui-même, il s’ensevelit autant qu’il nous ensevelit.
palimpseste.
le pouvoir des mots interdit du simple fait qu’ils disent. les mots interdisent même ce qu’ils décrivent, dénoncent, dévoient.
Simone Weil nomme calembour la formule d’Héraclite : "Le nom de la flèche est vie, son œuvre est mort."
c’est le trajet qui rend (la) mort.

au moins, les écrits prennent racine. ils se distinguent. sans foisonner forcément, en toute désinvolture, même s’ils résultent de souffrances, indignes surtout.