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jeudi 22 août 2019
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mardi 11 juin 2019
Les invisibles
Ils arrivent en camionnette grise déglinguée. Sans inscription d’aucune raison sociale. Les anonymes associés. Trouver une place libre. Ne pas récolter un PV.
Ils ne parlent pas français. En baragouinant, ils expliquent « Parler pas français » « Où Français ?, pas rencontré ». La mine désolée. Ils le déplorent. Déplorent – chansonnette, comptine enfantine - que « les Français, ça n’existe pas, ça n’existe pas ». « Ils sont passés par ici, ils repasseront par là, où ca ?»
Mais harassés, toujours sur le qui-vive d’un chantier à rejoindre, toujours plusieurs fers sur le feu, où trouveraient-ils le temps ? Ils sont ici depuis 2 ans, 5 ans.
Ce sont de pauvres bougres, on se prend à vouloir jouer au sauveur. On est grotesque.
Entre misérabilisme, paternalisme, compassion. On prête le flanc. Suspect de s’acheter une bonne conscience à bon compte. Confit en impuissance comme en odeur de sainteté. Presqu’abject, dirait-on. On a pourtant appris à l’école que la langue, c’est la liberté. Voltaire, les Lumières et tout le bataclan. De l’attente au portillon : des cours d’alphabétisation sont organisés dans les mairies. L’absentéisme y est condamnable ; au bout de trois séances sautées, c’est l’exclusion. Une armée d’ombres attend, guette la place à saisir. Ils sont les damnés de la terre, corvéables à merci. Banlieues vagues où ils disent habiter. Se fondre dans la masse. Se méfier. Non déclarés.
On commence à percevoir que c’est un système qui arrange pas mal de monde. Fraude et corruption à tous les étages. Fermer les yeux. Ca crève les yeux. On soupçonne que l’indignation – forcément impuissante du citoyen ouest-européen – fait partie du décorum, des vanités de ce monde, s’intègre au programme prévu, à la comédie qui se joue.
On se surprend à porter d’autres entraves. Etats d’âme consommables. On est parlé comme qui dirait.
Pendant ce temps-là, Notre-Dame est en flammes, les Gilets jaunes sur la place. Le tohu-bohu des hélicoptères plane au dessus des têtes. Les charpentes s’écroulent en direct. Télé-réalité, énième sérial-season à tout-va. Intrusion de l’événement historique. Aucun rapport ? On cherche le hyatus ou le raccord dans tout ça. Tout cela n’est pas si grave. D’ailleurs rien n’est grave. On nous raconte des histoires.
Par défaut, quand on leur demande s’ils parlent anglais, ils rétorquent, paupières lourdes de cernes, corps usés, une lueur ironique ou est-ce amusée dans le regard « Et vous, parler russe ? ».
La géopolitique est au rendez-vous. Les blocks – en sourdine – continuent de s’affronter. On cherche. On ne poursuit pas expressément la vérité mais un récit possible au milieu des décombres, de la casse, des appels aux dons par carte bancaire au Monoprix, des bips des sms promotionnels sur téléphone portable geolocalisé. On ne raccommode pas, on remplace, on solde. Eux aussi, à 45 ans, ils seront bons à jeter aux chiens.
L’antique louve romaine a été déboulonnée de la capitale du pays par la puissance longtemps occupante. La misère y règne. C’est un pays de mauvais conte de fées cerné par les prétentions territoriales limitrophes. Grande lessiveuse du croque-mitaine de l’est, ouvroir à putains pour l’Ouest. Pays hémorragique qui se vide. Un pays peau de chagrin.
Le petit bonhomme se pavane tout en promenant son petit bidon tout rond comme un ballon. D’ailleurs c’est le ballon qui l’intéresse. Plutôt ovale, s’il vous plaît. Quelque distinction bourdieusienne entre football et rugby, voilà qui permet de se hausser du col, d’échapper à la vulgate contemporaine. D’ailleurs, pourquoi aller voter aux élections européennes quand en ce jour sacramentel, sur les bords de la Loire, le rejeton dispute un match dont son équipe – et par conséquent ce même rejeton surtout - sortiront vainqueurs, évidemment. Pas l’ombre d’un nuage dans la douceur angevine.
Que le monde aille comme il va, à la va-comme-je-te pousse. Le petit bonhomme, ça l’arrange. Et même, il préfère. Pour sa part, il pratique les filières, recrute sur les trottoirs, entérine avec compassion l’asservissement des pauvres bougres. « Des bons gars, des gars honnêtes …et toujours le cœur à l’ouvrage, et consciencieux, et compétents, et disponibles 7 jours sur 7, s’il le faut », bref d’une dévotion sans faille ». Ca doit l’épater, c’est certain. Se rend-il compte de l’ironie ? Lui qui avant de s’improviser Patron de sa petite entreprise de bâtiment vendait du vin français - frelaté ? vinasse ?, il ne précise pas, on extrapole - en Californie. Bla bla bla. Ca doit l’épater mais ca vise surtout à impressionner la galerie. Un vrai cosmopolite, mutatis mutandis. Un certain art de la grandiloquence…. « Mes hommages, … » « Absolument désolé.. » « Transmettez mes confuses amitiés » Là, ça déraille.
Les bougres ne connaissent que son prénom assorti de « Monsieur ». Préséance précautionneuse. Le petit bonhomme adopte les codes des polars de série B. Un petit côté maffieux n’est peut-être pas pour lui déplaire. A son tour de s’inventer un personnage clandestin mais surtout on radine et on entourloupe derrière les civilités, on exploite en tressant les louanges, on philosophe même car « Après tout, personne n’est parfait ». La magnanimité, quand même, c’est quelque chose !
Et si le scénario, ce n’était pas ça ? S’il y avait une autre distribution des rôles ? Le rideau tombe. On recommence.
Mary Hant
lundi 18 mars 2019
lundi 20 août 2018
lundi 26 février 2018
lundi 8 janvier 2018
lundi 27 novembre 2017
dimanche 26 novembre 2017
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vendredi 10 novembre 2017
jeudi 9 novembre 2017
lundi 15 mai 2017
samedi 4 mars 2017
samedi 25 février 2017
Progress (a. k. a. The Dream Before) - Laurie Anderson Live in San Remo ...
pour suivre les bons conseils de Véronique
je bascule doucement de la facilité inconsistante de Facebook
vers les gouffres de marins du blog
car, comme dit si bien Ray Davies :
Strangers on this road we are on
We are not two we are one
mardi 31 janvier 2017
samedi 17 septembre 2016
mardi 30 août 2016
jeudi 11 août 2016
Saint Landru
un autel sauvage
à peine entrevu
puis disparu
dans la fraîcheur matinale
de Plainpalais
à Genève
le 12 février 2014
mercredi 10 août 2016
numéro sept
un numéro 7 de l'amateur de plein air est en gestation
en référence au livre de Jean Baudrillard paru en 1990
toute suggestion
proposition
participation
collaboration
est bienvenue
dimanche 7 août 2016
jeudi 14 avril 2016
dimanche 13 mars 2016
les normes nous écrasent
dernières nouvelles de la dictature du signifiant
la foudre détruit ce qu'elle frappe
un poids énorme écrase ce qu'il presse
la puissance capricieuse d'un tyran est plus terrible que la foudre
mardi 1 mars 2016
confirmation
un petit extrait d'un film autour de l'exposition
VOYAGE(S) EN UTOPIE, JEAN-LUC GODARD, 1946-2006
au Centre Georges Pompidou en 2006
lundi 29 février 2016
lundi 22 février 2016
Alexandre Grothendieck
c'est une parenthèse de P.E. qui me permet aujourd'hui de faire sa connaissance
voici quelques échos de son passage sur Terre :
Alexandre nous a quittés le 13 novembre 2014, et depuis il est présenté – à juste titre – comme le plus grand mathématicien du XXe siècle, mais je dirais, le plus grand mathématicien de tous les temps ! et il faudra sans doute des dizaines d’années pour que la mathématique intègre toute la richesse qu’il nous a léguée.
Je le cite : « On se refait plus à mon âge – et je suis pas fait pour, pour vendre ou faire vendre. Même quand il s’agit de faire plaisir (à soi-même, et aux amis...). Ce qui est venu, c’est une sorte de longue "promenade" commentée, à travers mon œuvre de mathématicien. Une promenade à l’intention surtout du "profane" – de celui qui "n’a jamais rien compris aux maths". Et à mon intention aussi, qui n’avais jamais pris le loisir d’une telle promenade. De fil en aiguille, je me suis vu amené à dégager et à dire des choses qui jusque là étaient toujours restées dans le non-dit. Comme par hasard, ce sont celles aussi que je sens les plus essentielles, dans mon travail et dans mon œuvre. »
À la lecture de ces Récoltes et Semailles, vous allez rencontrer cet homme incomparable et aussi le monde effrayant et odieux dans lequel il a vécu…
Maurice Glaymann
Libellés :
Alexandre Grothendieck,
écrits,
Philippe Enrico
lundi 15 février 2016
vendredi 12 février 2016
mercredi 10 février 2016
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